L’ozone, c’est quoi exactement ?

l’Ozone

 

- L’ozone, c’est quoi exactement ?

« C’est un polluant qui est fabriqué dans l’atmosphère. Le soleil et la chaleur provoquent une réaction chimique entre des molécules d’oxyde d’azote, des hydrocarbures et des solvants. Tous ces éléments sont émis par les automobiles et l’industrie. »

- Où trouve-t-on les plus fortes concentrations d’ozone ?

« Contrairement à ce que beaucoup pensent, les plus fortes concentrations se mesurent en périphérie des villes. Parce qu’en ville, d’autres polluants automobiles, comme les particules et le monoxyde d’azote, atténuent l’ozone. D’ailleurs, on a mesuré récemment des taux très élevés dans la forêt de Rambouillet, en région parisienne. »

- Y a-t-il des endroits plus touchés par la pollution à l’ozone ?

« Toutes les villes et leurs périphéries sont concernées. Mais des villes comme Grenoble ou Strasbourg, par exemple, sont plus touchées du fait de leur encaissement en fond de vallée. »

- Quelle est la situation dans le Nord - Pas-de-Calais ?

« On a un peu plus de chance chez nous. Il y a une dispersion favorable de l’ozone. Il est évacué par des vents en moyenne plus forts dans le Nord. Tout ceci étant favorisé par le faible relief. Si bien que la situation est moins critique. »

- On veut préserver la couche d’ozone et on se prémunit contre ce gaz qui pollue en été. Est-ce le même ozone ?

« C’est le même, mais selon l’altitude, ils ont un effet différent. La couche d’ozone qui se trouve dans la haute atmosphère nous protège des ultraviolets. L’ozone est protecteur à haute altitude et nocif au sol. En boutade, certains disent qu’il faut envoyer celui qui pollue pour boucher les trous là-haut. »

- En quoi la voiture est-elle un facteur aggravant lors des pics d’ozone ?

« C’est pire que ça, c’est la facteur principal. Le climat, lui, est un facteur aggravant. C’est la voiture qui émet les polluants à l’origine de l’ozone. Dans la région, 50 % des émissions d’oxyde d’azote et 40 % des émissions de composés organiques volatils (dont la réaction est à l’origine de l’ozone) sont liés aux transports. »

- Si on résume, c’est le trafic routier intense en ville qui fait que la pollution est telle dans sa périphérie ?

« Oui et non, on ne peut pas dire que c’est la ville qui pollue la campagne. Si on prend un exemple précis, une personne habitant La Bassée se déplace beaucoup plus qu’un Lillois. En moyenne, sa consommation d’énergie en voiture est le double de celle du citadin lillois. Les pollueurs sont donc également pollués. »

- Les progrès technologiques dans l’automobile sont-ils utiles sur le plan environnemental ?

« Sur vingt ans, on constate une dérive de la pollution à l’ozone due au trafic. Il faut avouer qu’il y a eu des efforts consentis dernièrement en matière de filtres à particules ou de réduction d’émissions d’oxyde d’azote. La baisse de ces émissions est aujourd’hui sensible. Elle ne l’est pas, en revanche, en ce qui concerne le dioxyde de carbone, un autre polluant. Ce gaz, émis en partie (30 %) par les automobiles, joue fortement sur l’effet de serre. »

- Le moteur diesel a toujours eu une mauvaise réputation. Qu’en est-il aujourd’hui ?

« Les tests environnementaux réalisés sur les nouveaux moteurs diesel sont très bons. Lorsqu’ils sont bien réglés et en bon état, bien sûr. Sur un kilomètre, un moteur à essence émet 0,5 gramme d’hydrocarbure et d’oxyde d’azote. Un moteur diesel en émet un peu plus : 0,7 gramme. Mais le moteur n’est pas le seul en cause : le mauvais entretien du véhicule, la conduite sportive, l’accumulation de gadgets et la climatisation, tout ça additionné fait beaucoup d’énergie consommée. »

 

Source : Voix du Nord - Matthieu BOTTE / ADEME - Jérôme Dancoisne

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